Le saviez-vous ?

L'acoustique des théâtres antiques

En prêtant l’oreille en haut des gradins, il est étonnant d’observer avec quelle clarté les sons nous parviennent. Dès l’origine, les architectes grecs, puis romains, construisent des théâtres possédant de grandes qualités acoustiques. Selon Vitruve, le célèbre architecte romain du Ier siècle avant J.C., pour obtenir une bonne acoustique, il faut tout d’abord choisir un site où « la voix prend régulièrement appui, sans être repoussée ». Ensuite, la construction doit respecter quelques grands principes techniques de diffusion du son : la pente des gradins devant être constante, l’égalité de la hauteur du portique et du mur de scène ou la présence de vases en bronze dont l’embouchure est tournée vers la scène. Tous ces éléments permettaient d’amplifier la résonnance des voix.

Des spectacles très prisés dans le monde romain

Dans le monde romain, le théâtre occupe une place essentielle. La fréquence des représentations théâtrales est telle qu’il devait y avoir une foule d’acteurs partout dans l’Empire. À Rome, en 27 avant J.C., 65 jours par an sont consacrés aux jeux publics, dont 45 aux représentations théâtrales. À la fin du IIIe siècle après J.C., il y a près de 180 jours de spectacles par an, dont une centaine est dédiée au théâtre avec des représentations occupant la journée entière. L’organisation de ces très nombreux spectacles est, pour le pouvoir impérial, un moyen de conserver les faveurs de la population.


Des spectacles variés

Sous le règne d’Auguste, à l’époque de la construction du Théâtre Antique, les tragédies sont souvent réservées à de petits théâtres qui programment des textes de qualité : les odéons. Dans les grands théâtres sont surtout donnés des spectacles plus ludiques, inspirés de la vie quotidienne, comme la farce atellane ou le mime.
L’atellane est une farce d’origine étrusque avec quatre personnages incontournables : Maccus le niais, Pappus le vieillard, Doscenus le bossu et Bucco l’affamé.
Les mimes sont de courtes comédies burlesques et satiriques alliant texte, expression corporelle et chant. Le mime est le spectacle le plus licencieux et c’est d’ailleurs le seul où les rôles féminins sont interprétés par des femmes. Avec le temps, ces spectacles deviennent de plus en plus vulgaires, le public demandant aux actrices de se dévêtir jusqu’à finir complètement nues. Tirant vers la pornographie, ils sont interdits après le triomphe du christianisme dans l’Empire.
Apparues à Rome en 22 avant J.C., les pantomimes remportent aussi un grand succès. S’inspirant de scènes mythologiques, elles sont jouées en solo par un danseur muet portant un masque à bouche fermée et incarnant différents personnages.

Les acteurs

Dans la Rome antique, le statut des acteurs est ambigu. Les acteurs sont étrangers, esclaves ou affranchis. Ces non-citoyens frappés d’infamie morale peuvent néanmoins jouir d’une très grande popularité. Certains acteurs remplissent des théâtres pendant plusieurs jours consécutifs ! Le succès de la pantomime a beaucoup contribué à faire de certains acteurs des vedettes adulées, puissantes et riches.
Le métier est exigeant puisque les acteurs doivent faire preuve d’une maîtrise parfaite de leur corps. Leur jeu est régi par une codification très stricte qui leur permet d’être compris de tous. On distingue 14 positions de mains ayant chacune un sens différent !
Costumes et masques jouent un rôle important dans l’identification des personnages. Le répertoire théâtral est composé de 70 personnages différents, identifiables grâce à des accessoires. La perruque blanche représente le vieillard, la blonde, l’ingénue et la rousse, l’esclave. Les acteurs peuvent jouer plusieurs rôles dans une même représentation, il leur suffit de changer d’accessoires en coulisse. Divers éléments du masque symbolisent le caractère du personnage, les grandes oreilles signifient la méchanceté, la pâleur dénonce la débauche et les joues rouges indiquent que le personnage est amoureux.