Maurice de Nassau, Prince d'Orange

Atelier Michiel Janisz Van Mierevelt

1609, huile sur bois, 55 cm x 47,5 cm
Localisation : Salle de la Principauté

Acquisition en 1980

 

Maurice de Nassau (1567-1625) fut prince d'Orange de 1618 à 1624. Il succède à son frère Philippe-Guillaume dont il avait assuré la régence jusqu'en 1596, date de la libération du prince alors prisonnier de l'Espagne.
Ce portrait est l'un des dix connus à l'heure actuelle. Il est revêtu de son armure et de l'écharpe orange, représentation habituelle des princes d'Orange, allusion à sa fonction de chef des armées des Pays-Bas. « Le plus grand général de son temps » selon Henry IV, a ici 42 ans, comme nous l'indique un texte à gauche de la peinture.

Sous son principat, Orange, après l'épreuve terrible des guerres de religion, connait une période de paix confessionnelle, chaque communauté catholique et protestante pouvant exercer sa religion sans être inquiétée. En effet, l'Édit des libertés et privilèges de la Principauté d'Orange, promulgué par Philippe-Guillaume à la fin du XVIIe siècle, porte ses fruits. Aussi la ville connaît-elle une période économique faste. L'aristocratie protestante construit des hôtels particuliers, principalement le long de la rue Droite, aujourd'hui rue Victor Hugo. Le Musée d'Orange est d'ailleurs installé dans un hôtel de cette période et permet, à travers les quelques éléments de son décor architectural d'origine, de se faire une idée de ces demeures du XVIIe siècle.

Maurice de Nassau transforme la ville. Il crée un grand hôpital qui répond aux règles hygiénistes de son temps. Il organise la défense de la Principauté faisant d'Orange une place forte exceptionnelle dont les plans seront, dit-on, imités par Vauban pour sécuriser le royaume de France. Les remparts sont dotés de bastions bordés de fossés alimentés par la Meyne et de contrescarpes. La colline est couronnée d'une forteresse au centre de laquelle le château est amené à jouer un rôle clé dans le dispositif général de la place.
Cette forteresse fut en partie détruite sur ordre de Louis XIV, lorsque la Principauté fut rattachée au royaume de France.