Le déshabillé d’Yvette

Albert de Belleroche
(1864 - 1944)

Huile sur toile
Localisation : Salle Albert de Belleroche

Don William de Belleroche, 1949

 

La toile représente une jeune fille vêtue d’une chemise et dont la blonde chevelure est négligemment relevée en chignon. Assise sur le bord d'une chaise longue de style louis XVI, elle croise les jambes afin de masser sa cheville. Le désordre des vêtements éparpillés dans la chambre, la jeune fille à moitié déshabillée, la chevelure lumineuse coiffée avec négligence nous font pénétrer dans l'intimité très féminine du modèle.
Lors de l'exposition du Salon d'Automne de 1904, Renoir a dit d'Albert de Belleroche qu'il était « le peintre des femmes décoiffées ». En effet, Albert de Belleroche aimait montrer les femmes dans leur univers intime. Le modèle, en dehors de son prénom, nous demeure inconnu. La toile date probablement de la période parisienne du peintre.

C'est en effet à Paris où il arrive avec sa mère et son beau père que le jeune Albert de Belleroche va révéler son don pour le dessin. Issue d'un milieu aristocratique, sa mère dont les réceptions sont fréquentées par le Tout-Paris dans son hôtel de l'Avenue Montaigne, n'hésite pas à l'inscrire dans l'atelier de Carolus Duran. Il y  rencontre John Singer Sargent avec lequel il lie une longue amitié. La fréquentation des cafés artistiques et du milieu montmartrois lui fait rencontrer des personnalités comme Oscar Wilde, Renoir et surtout Toulouse-Lautrec. Le modèle de Lautrec, Lili Grenier, deviendra le modèle exclusif d'Albert de Belleroche. Plusieurs toiles et lithographies la représentent dans les collections du Musée d'Orange.
À partir de 1939, le fils d'Albert de Belleroche, William, lui-même peintre, écrivain et biographe de l'ami de son père Frank Brangwyn, parvient à convaincre ce dernier ainsi que son père de donner une partie de leurs œuvres à la France et notamment à Orange où la donation fut inaugurée en 1949.